Face à la menace El Niño, le Pays se prépare à faire face à d’éventuelles conséquences sur le fenua: en conséquence, se préparer aux imprévus, qu’ils soient naturels, financiers ou alimentaires. Des exemples inspirants développés à la Réunion et en Floride.
# Face à la menace El Niño, le Pays se prépare à faire face à d’éventuelles conséquences sur le fenua et à l’inquiétude des élus. (...) Si le renforcement des moyens financiers d’urgence est nécessaire, l’opposition appelle à aller plus loin. Car au-delà des finances, la prévention et la préparation des population doivent aussi être pris en compte.
El Niño* est au cœur des préoccupations des climatologues mais aussi des responsables politiques. Ce phénomène météo dont l’intensité s’annonce exceptionnelle, demande une anticipation des pouvoirs publics. Le gouvernement a ainsi décidé de renforcer son budget de « dépenses imprévues ». « Alors c’est vrai que ça a été beaucoup discuté dans le cadre des débats sur le troisième collectif. Donc effectivement on a abondé de 200 millions supplémentaires ce fonds, qui chaque année est doté de 400 millions Fcfp, explique Warren Dexter, ministre de l’Économie, du Budget et des Finances. Avec les prévisions pessimistes des climatologues, c’est vrai qu’on doit s’attendre sans doute à devoir abonder des sommes supplémentaires. Mais après dans quelles limites, on ne sait pas, parce qu’à définition on ne sait pas quelle sauce va être mangés par cet El Nino. »
Car ces 600 millions de « dépenses imprévues » doivent permettre de couvrir l’ensemble des besoins exceptionnels qui pourraient toucher le fenua, qu’ils soient climatiques ou non. Avec une priorité : la protection des populations et des infrastructures.
(…) Pour certains élus de l’opposition, cette enveloppe de fonds d’urgence devrait être nettement supérieure. « Je pense que pour avoir déjà vécu des catastrophes naturelles, cette ligne doit être abondée d’un minimum d’un milliard, estime la députée et représentante à l’assemblée Nicole Sanquer. Mais on verra au niveau du budget, si le gouvernement réagit avant nous, sinon on réagira à la place du gouvernement.»
(…). Le phénomène El Niño est au cœur des préoccupations des climatologues mais aussi des responsables politiques. Ce phénomène météo dont l’intensité s’annonce exceptionnelle, demande une anticipation des pouvoirs publics et les moyens alloués pour y faire face en cas de besoins seront de nouveau au centre de discussions mardi à l’assemblée. Dès 9 heures, la commission de l’équipement se penchera sur les bâtiments publics pouvant servir d’abris de survie aux Tuamotu.
Prévention, abris et fonds d’urgence : le fenua est-il prêt face à El Niño ? (TNTV)
* Pour rappel : Le changement climatique amplifie les effets d'El Niño (AvA-Infos)
# Le pieu de Arue de l’Église mormone a organisé, samedi, une “matinée de l’autonomie”. Un intitulé qui pourrait prêter à confusion. L’événement est censé avoir transmis quelques conseils pour “se préparer aux temps difficiles”.
Johan Lacombe, membre du Grand conseil et responsable de l'autonomie dans le pieu de Arue a organisé une “la matinée de l’autonomie” pour être fin “prêt pour les catastrophes”. “J'avais déjà entendu parler l'année dernière que le El Niño serait fort”, explique-t-il. “Et comme je vois que la situation internationale est mauvaise, je me suis dit, qu’il faut qu'on se prépare”. L’événement accueillait les visiteurs dans les jardins de la mairie de Pirae, samedi matin.
(…) L’organisateur appelle tout un chacun à se préparer, en partant du principe que “tout le monde peut être touché. Même des personnes qui ne sont pas en difficulté financière peuvent être touchées par des problèmes émotionnels. Une rupture, un décès, des choses comme ça”. Il ajoute qu’il ne faut pas être simplement prêt pour les catastrophes, il faut l’être également après la catastrophe car “il y a aussi du boulot. Il faut déblayer, enlever les arbres qui sont tombés et ça demande aussi une préparation”, estime-t-il.
Le premier adjoint au maire de Pira’e, Yvonnick Raffin, a insisté sur le fait qu’à Pira’e le plan communal de sauvegarde n’est pas un vain mot. Il précise que des élus sont “chargés d’apporter la bonne parole aux administrés. Au besoin, ils vont dans ces quartiers pour faire des réunions de sensibilisation” pour rappeler aux administrés les bons gestes face aux risques de catastrophe naturelle. La commune a même embauché des pompiers ainsi que des mūto’i afin d’“accompagner une organisation sécuritaire (…)
(…) Rosette Chin, a animé l’atelier des réserves alimentaires et conseille de planter du manioc, taro, tarua, ‘ūmara. (…)
“Être prêt pour faire face aux périodes difficiles” (Tahiti Infos)
Se préparer aux imprévus, qu’ils soient naturels, financiers ou alimentaires. C'était l’objectif de cette matinée consacrée à l’autonomie organisée dans les jardins de la mairie de Pirae. À travers plusieurs ateliers, les participants apprenaient les bons réflexes pour mieux faire face aux situations d’urgence.
vez-vous tout ce qu'il faut pour survivre en autonomie pendant 72 heures ? Ce samedi 12 septembre, le Pieu de Arue répondait à la question en organisant la première édition de sa matinée de l'autonomie à Pirae. Intitulée "Se préparer pour les temps difficiles", la journée se voulait être un temps d'échange avec le public sur les indispensables à préparer en cas de catastrophe naturelle.
Comment préparer ses provisions, apprendre à réaliser des économies et consommer avec un budget grâce à la technique des enveloppes… Différents chapiteaux avaient été installés à la mairie de Pirae, sous lesquels étaient proposées plusieurs activités de survie.
(…). Cette matinée de l'autonomie était la première journée de ce style organisée par le Pieu, mais loin d'être la dernière. Une seconde journée est prévue l'année prochaine, cette fois-ci à Moorea.
Matinée de l'autonomie : une journée solidaire pour apprendre à survivre en cas de catastrophe (Polynésie 1ère)
# À l’approche du phénomène El Niño, le curage des rivières est plus que jamais essentiel au fenua. Ce lundi, la Direction de l’équipement nettoie la rivière de la Papeava, à Papeete. Une zone sensible puisqu’en 2017, la rivière était sortie de son lit, causant de nombreux dégâts aux entreprises situées à Fare Ute.
Des travaux de curage et de nettoyage de la rivière de Papeava située à Papeete débutent à compter de ce lundi 7 septembre, pour une durée d'une semaine.
Ces opérations visent notamment à assurer le bon écoulement des eaux et à nettoyer le lit de la rivière.
En 2017, la rivière Papeava était sortie de son lit, causant de nombreux dégâts aux entreprises situées à Fare Ute. La zone a été inondée quatre fois. (…)
Pour prévenir les risques d'inondation, la rivière Papeava est curée (Polynésie 1ère)
# À Tahiti, Moorea et Bora Bora, des géologues parcourent actuellement les zones exposées aux glissements de terrain et aux éboulements. Leurs observations permettront d’actualiser la cartographie des risques, qui sert notamment de référence pour l’instruction des permis de construire.
Pour les habitants installés au pied des falaises, le moindre éboulement ravive les inquiétudes. Dans certaines zones, les blocs rocheux peuvent menacer directement les habitations.
(…) Face à ces risques et à l’extension de l’urbanisation vers les hauteurs, la Polynésie française actualise sa cartographie des zones vulnérables à Tahiti, Moorea et Bora Bora. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du programme ARAI, engagé en 2002. Le marché actuel représente un montant de 34 millions de Fcfp.
(…) La restitution complète de ces expertises de terrain est attendue d’ici juin 2027. Une fois actualisées, ces données serviront notamment de référence à la DCA pour accorder ou refuser les permis de construire dans les secteurs concernés.
La Polynésie française actualise sa cartographie des zones à risques (TNTV)
Pour rappel: la Direction de la Construction et de l’Aménagement a mis en ligne (avril 2026), sur le site web Arai.gov.pf, une carte qui détaille zone par zone les risques naturels en Polynésie française. Voir les articles concernés in Environnement : Informer, sensibiliser, alerter... (AvA-Infos)
# Sous l'effet du réchauffement climatique et du phénomène El Niño, les océans du monde connaissent une série de records de chaleur qui inquiètent les scientifiques, alertant sur les conséquences pour l'environnement, mais aussi l'économie.
« La chaleur prolongée dans les océans n’est pas seulement un problème environnemental », souligne Tom Pickerell, spécialiste de biologie marine et responsable du programme océans du World Resource Institute (WRI), lors d’une présentation à la presse. Moins de sardines pour les pêcheurs marocains, des touristes qui renoncent à aller voir des coraux en train de mourir, des réacteurs nucléaires à l’arrêt en raison de la prolifération de méduses cet été en France… « Un océan plus chaud perturbe la pêche et les approvisionnements alimentaires, endommage les récifs et les plages qui soutiennent le tourisme, met à rude épreuve les infrastructures énergétiques, et alimente les phénomènes météorologiques extrêmes affectant les communautés côtières et les entreprises », remarque Tom Pickerell. Cela « devrait inquiéter chaque ministre des Finances », juge-t-il.
La chaleur a atteint des niveaux jamais répertoriés en août sur la planète et la température moyenne des océans, hors des régions polaires, a atteint 21,07°C au cours de ce mois, soit la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec celle de mars 2024, a indiqué l’observatoire européen Copernicus jeudi.
(…) Ce réchauffement des océans a de multiples conséquences: il dilate l’eau, ce qui élève le niveau de la mer, renforce les vagues de chaleur marines qui affaiblissent les coraux, raréfie les poissons par endroits et aggrave des phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones.
(…) « Sur terre nous pouvons toujours installer une climatisation pour nous rafraîchir. Mais l’adaptation pour les océans et la vie marine n’est pas si simple et reste très limitée », rappelle Claire Bergin, chercheuse à l’université irlandaise de Maynooth. « Une transition rapide pour sortir des énergies fossiles est essentielle pour sauver des écosystèmes vitaux, la pêche et le tourisme », insiste-t-elle. La Turquie et l’Australie, pays co-organisateurs de la COP31 qui se tient cet automne à Antalya (9 au 20 novembre), ont mis la question des océans à l’ordre du jour.
Pêche, tourisme, énergie : le coût inquiétant de la surchauffe des océans (TNTV-AFP)
(…) L'été (juin à août) 2026 a aussi été le plus chaud depuis 1993, selon Copernicus Marine Service, sous l'effet notamment du phénomène naturel El Niño, dont l'épisode actuel s'annonce très puissant, et qui se surajoute au réchauffement climatique d'origine humaine. "Le moteur de cette chaleur record est le changement climatique, c'est la tendance de long terme", insiste Zachary Labe, climatologue au sein du centre de recherche Climate Central.
"Ça devrait inquiéter chaque ministre des Finances": la surchauffe des océans, l'autre menace (Polynésie 1ère-AFP)
# La lutte contre l’érosion côtière, l’urbanisme tropical bioclimatique, l’agriculture urbaine ou encore l’insertion aux abords des ports étaient au cœur des échanges entre le Territoire de l’Ouest à l'île de La Réunion et une délégation d’élus de la Communauté de communes de Tereheamanu, en visite sur le territoire. Un article de nos confrères d'Outremers360.
Reçue par le président du Territoire de l’Ouest à la Réunion, Emmanuel Séraphin, la délégation tahitienne est venue s’intéresser aux projets développés à La Réunion en matière de développement durable, d’adaptation au changement climatique et d’économie circulaire. L’intercommunalité et les projets d’écocité portés dans l’Ouest réunionnais sont notamment perçus comme des sources d’inspiration pour les territoires insulaires confrontés à des problématiques similaires.
Pour Faana Taputu, président de la Communauté de communes de Tereheamanu, cette visite permet également de renforcer les liens entre territoires ultramarins.
(…) Au-delà des projets techniques, les échanges ont porté sur la gouvernance et sur les moyens de construire les territoires insulaires de demain. Une démarche qui permet aux élus polynésiens d’observer les réponses mises en œuvre à La Réunion face aux enjeux environnementaux et climatiques. (…)
Érosion du littoral : Tereheamanu étudie les solutions mises en oeuvre à La Réunion (TNTV)
# Au large de la Floride, des scientifiques américains pratiquent un jardinage bien particulier : équipés de bouteilles de plongée, ils plantent au fond de la mer différents types de coraux pour identifier ceux qui résisteront au réchauffement des eaux marines.
Avec l’aide de bénévoles, cette équipe de l’université de Miami accroche des petits pots à des récifs coralliens existants, d’autres à des sortes d’antennes hertziennes plantées sur les fonds marins, et prennent des premières mesures, le tout à quelques mètres sous la surface. « Certaines espèces pourraient mieux résister » à des épisodes de fortes chaleurs marines que d’autres, explique Devon Ledbetter, à la tête de ce projet nommé « Rescue a Reef » (« Sauver un récif »). Identifier de telles espèces pourrait permettre de meilleures préservation et restauration des récifs coralliens, à mesure que le réchauffement climatique, provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre, réchauffe les océans et menace ces organismes essentiels aux écosystèmes marins. Les coraux, barrières contre l’érosion et réservoirs de biodiversité, blanchissent sous l’effet de la chaleur.
(…) Les scientifiques s’inquiètent aujourd’hui d’une nouvelle vague de chaleur marine avec le phénomène El Niño, qui a débuté dans le Pacifique et pourrait apporter des degrés supplémentaires jusqu’aux eaux des Caraïbes.
(…). En cas de stress thermique, les coraux sont amenés à expulser les algues avec lesquelles ils vivent en symbiose et qui leur fournissent les nutriments dont ils ont besoin. Privé de ces algues, le corail perd sa couleur – c’est le blanchiment – et sa capacité à se nourrir, devenant donc plus fragile, jusqu’à sa possible mort.
(…) Pour l’heure, ce projet débuté en 2015 a planté 615 coraux, dont 228 dans le cadre de l’étude sur la résistance à la chaleur. Les résultats doivent servir d’une part aux autorités pour la politique de préservation, mais aussi à réfléchir à la reconstruction progressive de récifs coralliens, « corail par corail. » (…)
En Floride, des coraux au banc d’essai pour résister à la chaleur (TNTV)

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