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La photographie polynésienne rend compte de la fragilité de la nature du fenua ; Construction en cours du navire « multi-mission » Taurima Moana  pour les besoins de la recherche scientifique et de travaux maritimes ; Un rahui officiellement en vigueur le 23 septembre à Bora Bora ; Conférence de Frédéric Lenoir: "Quelle place l’être humain occupe-t-il au sein du vivant ?". 

 

 

 

 # « Ocean Photographer of the Year: Le palmarès 2026 de ce prestigieux concours international de photographie océanique a été révélé ce jeudi. Plusieurs amateurs et professionnels ayant immortalisé les eaux du fenua figurent parmi les lauréats  avec en tête Julien Anton, sacré photographe l’année grâce à son cliché d’un hippocampe et de ses petits dans le lagon de Moorea. Ben Thouard, déjà plusieurs fois récompensé, Thomas Pavy, Théo Guillaume, Eric Wittkopf et Marc Lenfant se distinguent eux aussi dans plusieurs catégories.
La Polynésie s’illustre une nouvelle fois sur la scène internationale de la photographie sous-marine. Plusieurs photographes ayant travaillé dans les eaux du fenua figurent au palmarès ou parmi les finalistes de l’édition 2026 de l’Ocean Photographer of the Year, concours organisé par le magazine spécialisé Oceanographic. La plus belle distinction revient à Julien Anton, sacré photographe océanique de l’année. Il remporte également la catégorie dédiée à la faune sauvage grâce à une image réalisée dans les eaux de Moorea. Le cliché dévoile un hippocampe adulte entouré de ses bébés. Ces animaux « sont désormais rares en Polynésie, cette image est donc le fruit de longues heures de recherche parmi les algues », peut-on lire sur la description de la photo.
(…) La photographie polynésienne se distingue aussi dans les catégories consacrées à la protection des océans. Thomas Pavy remporte ainsi le prix « Conservation – Espoir » avec le portrait d’un grand requin-marteau photographié à 55 mètres de profondeur, dans la passe de Tiputa à Rangiroa.

La Polynésie encore une fois à l’honneur du « Ocean Photographer of the Year » (Radio 1)


# Biologiste spécialisé dans la protection des oiseaux menacés de Polynésie française, Benjamin Ignace parcourt ce territoire à la recherche d'espèces rares. Il les photographie pour sensibiliser à leur conservation.
Benjamin Ignace est arrivé en Polynésie française il y a sept ans. Biologiste dans le domaine de la conservation de la biodiversité, il s’est spécialisé dans la protection des oiseaux menacés des archipels, dont un en danger critique d’extinction : le monarque de Tahiti. Pour sortir ces espèces de l’oubli, il parcourt des îlots et des vallées à la végétation parfois luxuriante. Après les avoir recensées et photographiées, Benjamin s’est donné une mission : protéger ces oiseaux indispensables à la survie et l’équilibre de la forêt, car ils dispersent les graines permettant son renouvellement. Pour ce faire, il lève des fonds(Nouvelle fenêtre) ensuite reversés à des programmes de protection et de conservation d'oiseaux en Polynésie française.
(…) Chaque observation encourageante est précieuse car le dérèglement climatique accentue aussi la pression sur les oiseaux. L'allongement de la saison des pluies perturbe la survie des juvéniles. Il y a deux ans, 70% des poussins des monarques de Tahiti ont péri sous la pluie.
- Extrait du reportage "Les oiseaux du paradis", diffusé dans "20h30 le samedi"(Nouvelle fenêtre) le 5 septembre 2026.

"J'ai l'impression d'alerter sur des choses et que personne n'écoute" : en Polynésie, un biologiste tente de sensibiliser sur la dangereuse extinction des populations d'oiseaux (Polynésie 1ère)



# La construction de ce navire « multi-mission » commandé par la Tetiaroa Society de Richard Bailey touche à sa fin à la Presqu’île. Avec sa grue et ses équipements de pointe, dont deux mini sous-marins capables d’explorer les abysses, le Taurima Moana a été conçu à la fois pour les besoins de la recherche scientifique et des travaux maritimes. Réparation de balises, de câbles, chantiers en mer… Le bateau de 25 mètre, plus grosse réalisation à ce jour des chantiers locaux de NSI, doit à terme être amarré à un nouveau quai en projet du côté de l’Intercontinental de Faa’a, côté baie de Vaitupa. Un chantier qui fait l’objet d’une enquête publique à Faa’a.
(…) Voilà plusieurs années que ce projet, un temps baptisé Teremoana, est porté par Richard Bailey et sa Tetiaroa Society. Le patron du groupe Pacific Beachcomber est aussi le fondateur et président de cette ONG impliquée dans la protection de l’environnement et la recherche, sur l’atoll du Brando, et bien au delà. Et c’est à son initiative qu’a été conçu ce navire adapté aussi bien à la recherche scientifique qu’aux travaux maritimes dans les eaux du fenua.
Le Taurima Moana reprend ainsi la forme des navires baliseurs de dernière génération qui entretiennent la signalisation maritime dans les eaux européennes souvent agitées. Mais ses équipements ont été prévus spécifiquement pour les besoins du fenua : en plus d’une grue de pont, d’un puissant treuil de remorquage, et de divers outils électroniques de pointe, le navire a la caractéristique de présenter, à sa poupe, un grand portique, capable entre autres d’opérer des bathyscaphes. Deux de ces petits sous-marins habitables, qui peuvent partir à l’exploration des abysses, jusqu’à 1000 mètres de profondeur, sont prévus à bord. Le Taurima Moana pourra aussi opérer des ROV, ces drones marins, conçus pour faire des prélèvements, des images ou des interventions sous-marines des plus précises.
(…) Encore faut-il pour ça lui trouver un quai. Richard Bailey et ses équipes ont choisi de l’amarrer dans l’enceinte de l’Intercontinental Tahiti, où un quai existe déjà pour la barge et les navettes qui ravitaillent le Brando et convoient le personnel vers Tetiaroa. Il s’agit non pas d’étendre le quai existant mais d’en créer un nouveau, à ses côtés près de la pointe Tiarai, côté baie de Vaitupa. Un quai légèrement plus haut, vu les dimensions du bateau, et qui nécessite le dragage et le réaménagement de la darse actuelle.
Un chantier, préparé de longue date, qui n’a pas commencé, mais fait déjà parler de lui, la mairie de Faa’a ayant lancé une enquête publique jusqu’au 10 octobre sur le projet. Le volume de matériaux à extraire – 5700 mètres cubes au total – a en effet de quoi interpeller. Mais l’étude d’impact réalisée par le cabinet Creocea est plutôt rassurante.
(…) Une fois les sésames administratifs obtenus, le chantier doit durer environ un an. En attendant, et après ses derniers tests d’ici la fin de l’année, le navire « multi-mission » devrait être mouillé en baie de Vaitupa ou mis à couple d’un autre bateau.

Taurima Moana : le « couteau suisse » de la Tetiaroa Society aura son quai à l’Interconti (Radio 1)



# Après quatre années de concertation et d’enquêtes auprès de la population, un rahui entrera officiellement en vigueur le 23 septembre à Bora Bora. Pendant deux ans, toute activité sera interdite dans une zone de plus de 574 hectares afin de favoriser la régénération des fonds marins et des espèces.
Moins de poissons, des espèces moins nombreuses et des prises parfois de plus en plus petites : c’est à partir de ce constat qu’est né, il y a quatre ans, le projet de rahui à Bora Bora. Pendant plusieurs années, les équipes ont informé la population, recueilli ses attentes et mené différentes enquêtes afin de définir la zone à protéger. « La zone concernée par le rahui, c’est le sud de l’île, parce que c’est un endroit où il y a beaucoup de poissons qui passent et qui reviennent. On a fait des enquêtes, on a étudié… et on a conclu que c’est cette zone qui était la mieux pour le rāhui », explique Anatole Teraaitepo, membre du comité de gestion.
À partir du 23 septembre, plus de 574 hectares seront ainsi placés sous protection, des côtés lagon et large de la pointe Turiroa, vers Matira.
Durant les deux années prévues pour le dispositif, la pêche, le passage des bateaux et les activités nautiques seront interdits dans cette zone. Des dérogations pourront toutefois être accordées par le comité de gestion, notamment pour les besoins de la recherche scientifique. Des moyens de surveillance seront également déployés pour faire respecter ces règles.
(…) L’objectif est de laisser au lagon et à ses espèces le temps de se régénérer, mais aussi de préserver durablement les ressources pour les générations futures.(…) À l’issue de ces deux années, un bilan permettra de mesurer les effets du rahui sur le lagon. Ses résultats détermineront la suite à donner au dispositif.

Bora Bora : un rahui de 574 hectares au 23 septembre (TNTV)



# Alors que la Polynésie française s’interroge sur les droits de la nature et la reconnaissance juridique des baleines, le philosophe et écrivain Frédéric Lenoir vient à Tahiti partager une réflexion engagée depuis plus de 30 ans sur notre rapport au vivant et à la nature. Une conférence qui se tiendra le 12 octobre à Punaauia.
Quelle place l’être humain occupe-t-il au sein du vivant ? Et surtout, quelle place souhaite-t-il encore y occuper ? Ces questions prennent aujourd’hui une résonance particulière en Polynésie française, où plusieurs initiatives invitent à repenser le rapport entre l’homme et la nature. La Convention des entreprises pour le climat – Pacifique a ainsi engagé une réflexion collective autour des Droits de la Nature, tandis que Āve’i moana milite pour la reconnaissance juridique des baleines. Deux démarches différentes, mais qui témoignent d’une même évolution : la relation au vivant devient un véritable sujet de débat culturel, environnemental, économique et juridique.
C’est dans ce contexte que Frédéric Lenoir sera à Tahiti pour partager le fruit de plus de trois décennies de réflexion. Philosophe, sociologue et écrivain, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages traduits dans une vingtaine de langues et vendus à plus de dix millions d’exemplaires, il s’est intéressé au fil de son œuvre aux grandes questions du bonheur, de la sagesse, du sens de la vie, mais aussi à la relation entre l’être humain et les autres formes de vie
(…) Peut-on concevoir notre bonheur indépendamment de notre relation à la nature ? Comment concilier nos modes de vie contemporains avec une relation plus harmonieuse au vivant ? Quel regard porter sur les animaux ? Et que voulons-nous transmettre aux générations futures ?
Autant de questions qui seront au cœur de cette rencontre, conçue comme un temps d’écoute et de réflexion. La conférence se prolongera par un échange avec le public, pour faire dialoguer les expériences et les sensibilités, sans chercher à imposer une vérité unique.

Frédéric Lenoir à Tahiti : repenser notre place au sein du vivant (TNTV)

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